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"Libido toute puissante""Quand on vénère Dieu, le soleil ou le feu, on vénère
directement l'intensité ou la force, donc le phénomène
énergie psychique, la libido. Toute force et en général
tout phénomène est une certaine forme d'énergie
déterminée. La forme, c'est l'image, le genre de
manifestation. Elle exprime deux sortes de faits: d'abord l'énergie
qui prend forme en elle et deuxièmement le medium dans
lequel apparaît cette énergie. On peut d'une part affirmer
que l'énergie crée sa propre image, et d'autre part, que
le caractère du medium contraint l'énergie à prendre
une forme déterminée." (p.166) " Le dieu est près de toi, il est avec toi, il est en toi"
(Sénèque) La libido n'étant pas que l'énergie psychique dont dispose la conscience, elle représente plutôt ici l'énergie propre à l'archétype "Lumière", et donc l'énergie de l'inconscient dont on ne dispose pas. "Porter Dieu en soi, voilà qui veut beaucoup dire: c'est la garantie du bonheur, de la puissance, même de la toute-puissance puisque ces attributs sont ceux de la divinité. Porter Dieu en soi, c'est semble t-il, être presque Dieu soi-même en somme"( p.167). |
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La déification accroît inévitablement la puissance de l'individu. Elle renforce l'individu par rapport à sa faiblesse et à son insécurité trop grandes dans sa vie personnelle. Ce renforcement de la conscience de puissance n'est qu'une conséquence secondaire, extérieure, et le processus sentimentaux sont beaucoup plus significatifs. Celui qui introvertit sa libido, qui la retire de l'objet extérieur, est livré aux conséquences de l'introversion : la libido tournée vers l'intérieur, remonte vers le passé individuel et va chercher les images antérieures qui ramènent aux souvenirs infantiles, aux images paternelle et maternelle qui sont singulières et impérissables. Cette réanimation régressive des imagos parentales joue un rôle symbolique important dans la religion dont les bienfaits rappellent la protection des parents sur leurs enfants. Or le père visible du monde est le soleil, le feu céleste, ce qui entraîne que père, dieu, soleil, feu sont des synonymes mythologiques. La libido prend une multitude de formes et est représentée par une multitude de symboles. La réduction de tous ces symboles à une source simple, la libido et ses caractères, correspond à un effort historique des civilisations en vue d'une fusion et d'une simplification syncrétiques du nombre infini de dieux. Les analogies, les comparaisons ont fonctionné et ont permis de fusionner une multitude de croyances liées à une multitude de symboles. Cependant cette tendance à rétablir l'unité s'oppose à une tendance, au moins aussi forte, à recréer toujours la multiplicité. Finalement, même dans les religions dites monothéistes, il a été impossible de supprimer la tendance polythéiste: Ainsi dans le christianisme la divinité est scindée en 3, à quoi vient s'ajouter le panthéon des saints. |
La Foi |
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"Il est aussi nécessaire aujourd'hui que jamais que la libido sorte du seulement-rationnel et réaliste. Non parce que le bon sens et le réalisme ont quelque peu gagné du terrain ( ils ne l'ont pas fait), mais parce que les gardiens et conservateurs des vérités symboliques, à savoir les religions, ont perdu leur efficacité en face de la science. Même les gens intelligents ne comprennent plus à quoi peut servir la vérité symbolique et les représentants des religions ont négligé de faire une apologétique adaptée au moment. Se maintenir à un simple concrétisme du dogme, ou à une éthique pour elle même, ou même à une humanisation de la figure du Christ sur laquelle on fait même des essais biographiques insuffisants, tout cela n'intéresse guère. La vérité symbolique est aujourd'hui livrée sans protection à la mainmise de la pensée des sciences de la nature parfaitement inadaptées à cet objet et, dans son état actuel, se découvre absolument incapable de soutenir la concurrence. La preuve de la vérité ne se fait pas. En appeler exclusivement à la foi, c'est faire une pétition de principe sans espoir, puisque c'est précisément l'évidente invraisemblance de la vérité symbolique qui arrête la foi. Au lieu de s'en tenir à la commode exigence de foi, les théologiens, ce me semble, devraient plutôt s'efforcer de montrer comment rendre cette foi possible. Pour cela il faudrait d'abord découvrir une nouvelle institution de la vérité symbolique, une institution parlant non seulement au sentiment, mais aussi à l'entendement. Or cela ne se peut que si, revenant en arrière, on se rappelle comment l'humanité éprouva le besoin d'une invraisemblance des vérités religieuses et ce que cela signifiait de placer, au dessus de l'être tel quel du monde perceptible et tangible, une réalité spirituelle d'une toute autre nature" (p380). |
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Jung soulève le problème de la foi et, comme Freud, il pense que nul ne peut être contraint à croire en quoi que ce soit, cependant il reconnaît la valeur des vérités symboliques dont les religions sont les gardiens, et ces vérités sont nécessaires au bon fonctionnement de l'humanité. Compte tenu de la nature de la libido à fonctionner comme un "fleuve", il souhaite trouver une nouvelle pente et un nouveau pôle d'attraction pour cette énergie. Tenant compte de l'analogie entre les principes alchimiques (organisation des cristaux) qui sont une image microscopique et les lois macroscopiques du cosmos, il croit que les seules représentations suffisamment puissantes pour attirer cette énergie, sont les Archétypes: des formes( des complexes ) héritées universellement présentes, et "dont l'ensemble constitue la structure de l'inconscient". La force des symboles vient des processus instinctifs, et c'est celle-ci qui met les symboles en mouvement.. " Le symbole lui-même perd tout sens quand il n'a pas contre lui la tendance qui lui résiste, de même que les instincts désordonnés n'aboutiraient qu'à la ruine de l'humanité si le symbole ne leur donnait pas forme. C'est pour cette raison que nous avons à nous expliquer avec la plus forte des tendances: la sexualité." "La foi est un charisma ( don de grâce) pour qui la possède;
mais elle n'est pas une issue pour qui a besoin de comprendre quelque
chose avant de croire. [...]Bien qu'à l'origine et naturellement,
on croit à des symboles, il est possible aussi de les
comprendre, et c'est l'unique voie praticable pour tous ceux qui
n'ont pas reçu la grâce (charisma) de la foi. |
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L'âme |
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La psychologie n'est pas là pour juger les fondements et les vérités religieuses (Freud a la même attitude) qui tiennent aux vérités métaphysiques, en revanche cela n'exclut pas les vérités psychologiques. L'objet de la psychologie est la psyché et ses contenus qui sont des réalités puisqu'ils agissent. Jung fait un état des lieux sur la notion "âme" : Le caractère divin des archétypes est dû à leur lien avec la libido, puisque la représentation des dieux est une des formes de la libido (voir Métamorphose de la libido). |
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