| Pour résumer le concept freudien, le désir
s'identifie à travers les symptômes sous forme de compromis,
de conflits de forces d'origine pulsionnelle. Le désir est conscient
ou inconscient, et dans le deuxième cas, il est régit par
les lois du processus primaire (lois de l'inconscient : circulation
libre de la libido).
Le schéma d'origine du désir est le suivant :
- perception > trace mnésique
- reproduction de perception > motion psychique qui cherche à
réinvestir la trace mnésique > but : rétablir
la situation de 1ère satisfaction.
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Dans le Bouddhisme, ce qui caractérise l'homme,
c'est le désir. Ce qui fait revenir un agrégat psychique
(disons "esprit + âme") dans un corps humain, dans le
cycle de renaissances, c'est le désir!
Le schéma d'origine du désir est similaire à
la description freudienne:
"conscience, contact des sens, perception, volonté, pensée,
réflexion sont délicieux et plaisants (1ère satisfaction!),
là le désir s'éveille et prend racine"
- conscience > contact des sens > perception > volonté
- volonté > réflexion > plaisir/ satisfaction
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| Pour Jung, le désir est aussi inconscient,
instinctif comme le "désir de vivre". Le refoulement
des désirs peut devenir très dangereux :
"La passion fait les destinées et crée l'irréparable.
Elle pousse devant elle la roue du temps
et accable le souvenir de passé à jamais révolu."
"Plus l'attitude de la conscience par rapport à l'inconscient
est faite de refus, plus ce dernier devient dangereux."
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La "roue du temps" junguienne correspond
au samsara, le cycle des renaissances, et le "souvenir de passé
à jamais révolu" correspond à cette notion de
Karma.
Le désir est un "poison" pour les bouddhistes,
cela fait écho au danger du refoulement, et toute la technique de méditation
consiste à reconnaître et "dompter" ces désirs,
à intégrer de manière consciente ces forces inconscientes.
Cela revient à affronter les archétypes chez Jung. |
Dans Essai d'exploration de l'inconscient (Chap.
VII, L'âme de l'homme, §9,10,11, p.147-148) Jung écrit
ceci :
"§9- La triste vérité est que la vie réelle
de l'homme est faite d'un ensemble inexorable de contraires, le jour et
la nuit, la naissance et la mort, le bonheur et la souffrance, le bien
et le mal.
§10- Nous n'avons même pas la certitude qu'un jour l'un de
ces contraires triomphera de l'autre, le bien du mal, ou la joie de la
douleur. La vie est un champ de bataille. Elle l'a toujours été
et le restera toujours. S'il n'en était pas ainsi, la vie s'interromprait.
§11- C'est précisément ce conflit à l'intérieur
de l'homme qui a amené les premiers chrétiens à espérer
une fin rapide du monde, et les bouddhistes à rejeter tous
les désirs, toutes les aspirations terrestres. Ces réponses
fondamentales équivaudraient franchement à un suicide, si
elles n'étaient pas associées à des idées
et à des pratiques morales et intellectuelles particulières,
qui constituent la substance même des deux religions, et modifient
dans une certaine mesure leur refus radical du monde."
Les bouddhistes ne rejettent pas toutes les aspirations terrestres, ils
rejettent les aspirations nuisibles, celles qui engendrent ou accroissent
la souffrance. Les bouddhistes ne rejettent pas tous les désirs,
ils font une très grande différence entre le désir
de suivre le sentier octuple, le désir d'aider autrui, et le désir
ou la convoitise de biens matériels ou de la femme du voisin. Il
est souhaitable de réfléchir à ce que Jung entendait
par "aspirations terrestres". La voie bouddhique est la voie
du milieu, équilibre entre conscient et inconscient, équanimité.
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Pour Freud, le sujet sain se réalise en tant que sujet désirant.
L'être humain se veut alors conscient de ses désirs pour
en assumer les pleines conséquences. La psychanalyse aide alors
à prendre conscience des désirs inconscients profonds, et
le sujet peut alors prendre les décisions responsables en fonction
du niveau de conscience qu'il peut atteindre. Pour ma part je trouve que
cela revient à s'assumer pleinement, et cela oblige à faire
les mêmes distinctions que les bouddhistes au sujet de la validité
de tel ou tel désir.
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